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Pulsomax®, référence 5450 - Ron DeCorte
"Pulsomax®, référence 5450" - Ron DeCorte
La «trilogie» est complète. En 2008, Patek Philippe a en effet dévoilé la montre-bracelet à Quantième Annuel référence 5450, équipée de la toute dernière innovation du département «Patek Philippe Advanced Research», l’échappement Pulsomax®. Si je parle de trilogie, c’est qu’en 2005, la manufacture a déjà lancé un Quantième Annuel référence 5250 doté de son premier développement high-tech, la roue d’échappement en Silinvar®. Ce garde-temps a été suivi en 2006 par le Quantième Annuel référence 5350 comprenant un second composant en Silinvar®, le spiral Spiromax®, en plus de la roue d’échappement en Silinvar®.
L’échappement – c’est-à-dire l’organe distributeur – comprend trois composants essentiels: la roue d’échappement, le spiral et l’ancre. Dans mes précédents articles sur les références Patek Philippe 5250 et 5350, je déclarais attendre avec impatience l’avènement de la troisième innovation. Avec la référence 5450, ce «maillon manquant», l’ancre, a enfin été réalisé, en faisant appel là aussi au Silinvar®. La «trilogie» est donc bel et bien complète.
L’échappement est la «bête noire» des horlogers. Il a fait l’objet de plus de débats et d’expériences que tout autre composant. Pour fonctionner, les montres mécaniques ont besoin d’une source d’énergie. Ce rôle est assuré par le ressort-moteur. A l’autre bout du rouage se trouve le balancier. Mis en mouvement par le spiral (auquel il est directement fixé), le balancier oscille à une certaine fréquence – servant ainsi d’organe régulateur.
L’aspect le plus complexe du fonctionnement de l’échappement réside dans la transmission d’énergie au balancier. Dans les échappements à ancre équipant la quasi totalité des montres-bracelets des cent dernières années, c’est l’ancre qui assure cette «liaison» capitale. La manière dont l’ancre reçoit l’énergie de la roue d’échappement et l’efficacité avec laquelle elle la transmet au balancier constituent des facteurs clés pour la précision et les performances d’un garde-temps.
L’échappement à ancre suisse ordinaire illustré ci-contre comporte essentiellement des composants en acier, dont la roue d’échappement et l’ancre. En tournant, la roue d’échappement transmet l’énergie du ressort-moteur à l’ancre; cette dernière laisse périodiquement échapper une parcelle d’énergie, un certain nombre de fois par seconde, pour entretenir les oscillations de l’organe régulateur. Sur les deux bras de l’ancre sont fixées des palettes en rubis, ou parfois en saphir, destinées à réduire les frottements avec la roue d’échappement. Pendant plus d’un siècle, cette combinaison acier/rubis n’a quasiment pas changé.
L’échappement Pulsomax® présente des différences évidentes – comme le montre l’illustration ci-contre. On remarque immédiatement son aspect plus massif – ce qui pourrait laisser penser qu’il est plus lourd. Mais c’est tout le contraire. L’échappement Pulsomax® est en effet fabriqué en Silinvar®, un matériau trois fois plus léger que l’acier utilisé pour les composants de l’échappement à ancre suisse conventionnel. A noter également le changement radical au niveau de la forme de l’ancre – mais nous garderons cette leçon de géométrie pour une prochaine édition de Rendez-vous, où nous reviendrons plus en détail sur ses mérites techniques.
 
Du fait de leur plus grande légèreté, les composants de l’échappement Pulsomax® sont capables de réagir avec une plus grande rapidité que leurs équivalents en acier – ce qui a pour effet d’améliorer considérablement la transmission d’énergie au sein de l’échappement lui-même ainsi qu’avec le balancier. Outre ce gain de légèreté et de vitesse, l’échappement Pulsomax® en Silinvar® se distingue par sa quasi absence de frottements, ce qui permet de se passer de toute lubrification – le «talon d’Achille» de tous les échappements à ancre dans le passé.