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Référence 5208P - Ron DeCorte
"Référence 5208P" - Ron DeCorte
La référence 5208P Patek Philippe réserve de belles découvertes. Dotée d’une répétition minutes, d’un chronographe monopoussoir, d’un quantième perpétuel instantané (à guichets), d’un remontage automatique, d’un affichage des phases de lune et d’une indication jour/nuit, elle se place en deuxième position dans le classement des montres-bracelets Grandes Complications de la manufacture. Chacune de ses complications – répétition minutes, chronographe et calendrier – possède son propre attrait et sa propre valeur dans la vie de tous les jours. Logée dans un boîtier en platine 950, avec fond platine ou fond saphir en option, la référence 5208P mesure un diamètre raisonnable de 44 mm, pour une épaisseur de 15,7 mm. Des dimensions parfaitement en phase avec la tradition «classique» Patek Philippe.
La conception d’une montre-bracelet Grande Complication à la fois précise et élégante exige de marier innovation technique, recherche esthétique, meilleures méthodes de fabrication, maîtrise horlogère et, surtout, patience et passion. La référence 5208P n’est pas une simple réunion de complications ajoutées après coup. C’est un superbe mouvement de répétition minutes enrichi par des complications soigneusement conçues, qui le rehaussent plutôt qu’elles ne le dénaturent. Avec cet objectif à l’esprit, la manufacture a développé une Triple Complication remplissant tous les critères du Poinçon Patek Philippe.
Vue côté fond, la référence 5208P cache bien son jeu. Elle présente en effet le visage typique d’une répétition minutes à remontage automatique signée Patek Philippe. On remarque les marteaux, les timbres enroulés autour du mouvement et le rotor en or massif. En haut, sous le blason Patek Philippe en or, se trouve le «volant inertiel» contrôlant la cadence des coups. Contrairement à la plupart des répétitions minutes du marché, nous avons affaire ici à un régulateur centrifuge au fonctionnement parfaitement silencieux – ce qui donne à la sonnerie une clarté inimitable.
Vue depuis l’autre face, la référence 5208P révèle sa nature nettement plus complexe. Nous sommes ici dans les entrailles de la répétition minutes, avec son labyrinthe de microcomposants – râteaux, leviers, ressorts, etc. On notera la présence des trois limaçons finement calibrés qui dissèquent le temps en heures/quarts/minutes, afin d’activer les marteaux frappant les timbres et de faire résonner la musique du temps. La répétition minutes est considérée comme l’un des types de «montres à sonnerie» les plus sophistiqués et elle n’est éclipsée dans sa complexité que par la grande sonnerie avec répétition minutes.
L’intégration du chronographe a posé un défi particulier en matière de construction. «Mélanger» les mécanismes de répétition minutes et de chronographe dans le même espace aurait abouti à une grande confusion – et exigé de faire des compromis. Patek Philippe a préféré développer un mécanisme de chronographe séparé qui soit à la fois remarquablement mince (2,4 mm d’épaisseur), facile à régler et, surtout, parfaitement fiable. Cette solution intègre plusieurs idées novatrices et brevetées.
Dans la plupart des cas, les chronographes tirent leur énergie du mouvement seulement quand ils sont activés. L’arrêt du chronographe entraîne donc un surcroît d’énergie au niveau du mouvement – avec pour conséquences des fluctuations d’énergie au niveau très sensible de l’échappement. Pour maîtriser ce phénomène, les roues des compteurs des minutes et des heures de la référence 5208P ont été fabriquées en deux parties. Les roues principales sont constamment en mouvement, ce qui assure une consommation d’énergie parfaitement stable. Lorsque le chronographe est activé, des petits ressorts entrent en jeu pour coupler les roues principales avec leurs axes/aiguilles respectifs. Résultat: moins de fluctuations d’énergie et une précision accrue. Les profils de dents des roues du chronographe brevetés réduisent les risques de saut de la trotteuse centrale lors de la mise en marche/arrêt et accroissent le rendement du chronographe en réduisant les frottements.
Le quantième perpétuel instantané est le roi des mécanismes de calendrier. Il a pour «cerveau» une came (A) située à la circonférence du mouvement, vers 1h30, et effectuant une révolution par an en 12 sauts mensuels. La came possède 9 lobes fixes ainsi que 2 lobes extra-longs correspondant aux couples de mois dotés successivement d’une longueur de 31 jours (juillet/août et décembre/janvier). Voilà pour 11 des 12 mois. Avec ses 28 ou 29 jours, février pose un défi particulier. Pour tenir compte de cette fluctuation, on a intégré à la came principale un petit lobe amovible effectuant une révolution en 4 ans. Trois côtés de ce lobe amovible se trouvent à la même distance du périmètre de la came principale, tandis que le 4e côté est plus long. La profondeur des lobes dicte le nombre de jours dont le calendrier doit avancer à la fin de chaque mois – 1 ou 2 jours pour la plupart des mois, 3 ou 4 jours en février.
Sous le cadran, on peut voir les disques du calendrier apparaissant à travers les guichets. Patek Philippe a opté pour cet affichage digital par disques en raison de sa plus grande facilité de lecture par rapport à des  aiguilles, notamment sur une montre compliquée comme la référence 5208P. En haut se trouvent les disques du jour et du mois. Le long de la circonférence tourne le disque de la date, placé sur des rubis afin de réduire les frottements. En bas trône le disque des phases de lune, flanqué de deux autres disques méritant notre attention. A droite est située l’indication du cycle des années bissextiles, avec chiffres romains de I à IV – le IV rouge désignant les années bissextiles. Le disque de gauche, semblable à un motif ying/yang, représente l’indication jour/nuit, visible à travers un petit guichet rond intégré au compteur des heures du chronographe. Ces deux affichages (année bissextile et jour/nuit) sont très utiles quand il s’agit de régler le calendrier après une période d’arrêt.
Les affichages du jour, de la date, du mois et de l’année bissextile sont pilotés par des mécanismes particuliers permettant de les faire «sauter» instantanément et simultanément du nombre de crans nécessaire. Ce système évite toute confusion à chaque fin/début de jour. Le mécanisme instantané de l’année bissextile étant le plus simple et le plus facile à observer, nous l’utiliserons comme exemple.

Vers le haut du mouvement, on remarque une roue dorée (A) dotée d’une came en forme d’escargot (B). L’ensemble roue/came effectue une rotation par an dans le sens horaire. Pendant ce temps, un doigt (C) faisant partie du levier d’actionnement (D) (se prolongeant vers le bas) se soulève lentement jusqu’à atteindre le sommet de la came, d’où il retombe ensuite en un clin d’œil. Vers le bas du mouvement, on distingue une étoile à quatre pointes (G) qui retient le disque de l’année bissextile et le levier d’actionnement (E) à l’aide d’un petit doigt articulé (F). Tout au long de l’année, tandis que le levier se soulève doucement, le doigt glisse lentement sur l’étoile sans la faire bouger. Mais en tombant brusquement depuis le sommet de l’escargot (B), le levier se déplace vers la gauche et le doigt (F) fait bouger l’étoile.
Regardez les affichages du quantième perpétuel (jour, date et mois) sauter instantanément et simultanément en 0,02 seconde du 28 février au 1er mars sur un prototype filmé par une caméra haute vitesse (20 000 images/seconde).
La référence Patek Philippe 5208P Grande Complication est un hommage au grand art horloger allié de manière judicieuse au meilleur de la technologie d’avant-garde. Il n’y a pas de méthode express pour fabriquer des montres d’exception. Il faut de la patience, de la passion, du temps et de l’expérience. Tout le reste n’est que pure folie.
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